La Grève des Électeurs

La Grève des Électeurs

Auteur(s) : Octave Mirbeau

Catégorie(s) : Politique

Édition : Mazeto Square

Date de publication : 24/06/2019

ISBN : 9782380280036

Prix : 6€

Résumé

En novembre 1888, Octave Mirbeau fait paraître dans le Figaro, La grève des électeurs, véritable pamphlet contre le leurre que représente, selon lui, le suffrage universel dans le système républicain. À cette époque, cela fait quelques années déjà qu’Octave Mirbeau pointe les dérives de la IIIe République, en y dénonçant de sa plume acerbe de nombreux scandales ; souvent, pour le plus grand bonheur de certains journaux bonapartistes ou monarchistes. Mais si certains conservateurs se retrouvent dans ses articles teintés d’anticapitalisme, que l’on ne s’y méprenne, Octave Mirbeau exprime avant tout une pensée qui prend sa source dans l’individualisme libertaire. En effet, si Octave Mirbeau se moque de cet « animal irrationnel, inorganique, hallucinant » qu’est l’électeur, allant d’ailleurs dans le sens de Pierre-Joseph Proudhon, quand celui-ci écrivait cinquante ans avant lui : « Alors que la Révolution française devait accoucher d’une société nouvelle, le peuple n’aura été que “le singe des rois.” » (Qu’est-ce que la propriété ? 1840), c’est pour mieux affirmer la duperie de la démocratie représentative : les classes dominantes arrivent à se faire élire et à se maintenir au pouvoir par ceux-là mêmes qu’elles exploitent davantage chaque jour. Et sous un certain pessimisme de l’auteur, se manifeste alors clairement la volonté d’inviter chacun à prendre part directement à la vie politique, en citoyen libre. « Ô bon électeur, inexprimable imbécile, pauvre hère, si, au lieu de se laisser prendre aux rengaines absurdes que te débitent, chaque matin, pour un sou, les journaux grands ou petits, bleus ou noirs, blancs ou rouges, et qui sont payés pour avoir ta peau ; si, au lieu de croire aux chimériques flatteries dont on caresse ta vanité, dont on entoure ta lamentable souveraineté en guenilles, si, au lieu de t’arrêter, éternel badaud, devant les lourdes duperies des programmes ; si tu lisais parfois, au coin de ton feu, Schopenhauer et Max Nordau, deux philosophes qui en savent long sur tes maîtres et sur toi, peut-être apprendrais-tu des choses étonnantes et utiles. Peut-être aussi, après les avoir lus, serais-tu moins empressé à revêtir ton air grave et ta belle redingote, à courir ensuite vers les urnes homicides où, quelque nom que tu mettes, tu mets d’avance le nom de ton plus mortel ennemi. »