La Peine de Mort

La Peine de Mort

Auteur(s) : Élisée Reclus

Catégorie(s) : Histoire, Politique, Essai

Édition : Mazeto Square

Date de publication : 22/02/2024

ISBN : 9782380280302

Prix : 6€

Résumé

Le 22 février 1879, paraît à Genève, en Suisse, le premier numéro d’un bimensuel Le Révolté, journal fondé par Pierre Kropotkine, se définissant dans un premier temps comme organe socialiste, puis ensuite, comme organe anarchiste. Avec un tirage relativement limité (1 500 à 3 000 exemplaires), la plupart des premiers articles sont rédigés par Pierre Kropotkine lui-même, bientôt rejoint par d’autres signatures (Jean Grave, Paul Brousse, Errico Malatesta, Élisée Reclus…). C’est justement au cours de cette année 1879 que paraît ce texte d’Élisée Reclus, intitulé « La peine de mort », retranscription d’une conférence que ce dernier avait donnée à Lausanne, quelque temps auparavant, à l’invitation de l’Association ouvrière locale. À travers ces quelques lignes, Élisée Reclus esquisse l’origine de ce souhait de mort comme vengeance, qui se substitue à l’individu, en passant du citoyen à la famille, puis de la famille à l’État, pour émettre l’opinion que « … si l’État est féroce quand il s’agit de venger une atteinte à son pouvoir, il apporte moins de passion dans la vindicte des crimes privés… ». Ainsi, Élisée Reclus avance plusieurs arguments, assez novateurs pour l’époque et qui font toujours loi chez les opposants à la peine de mort, comme le fait que « la société doit comprendre et reconnaître que dans chaque crime, elle a aussi sa part ». Toutefois, aujourd’hui, on peut s’interroger sur ce que penseront certains de cette réhabilitation par l’héroïsme, dont l’auteur soulève l’idée en conclusion. « L’origine de la peine de mort, telle que l’appliquent actuellement les États, est certainement la vengeance, la vengeance sans mesure, aussi terrible que peut l’inspirer la haine, ou la vengeance réglée par une sorte de justice sommaire, c’est-à-dire la peine du talion : « Dent pour dent, œil pour œil, tête pour tête ». Dès que la famille fut constituée, elle se substitua à l’individu pour exercer la vengeance ou la vendetta. Elle exige le prix du sang : chaque blessure est payée par une autre blessure, chaque mort par une autre mort, et c’est ainsi que les haines et les guerres s’éternisent. C’était l’état d’une grande partie de l’Europe au moyen âge, c’était au dernier siècle celui de l’Albanie, du Caucase et de beaucoup d’autres pays. »